La mort expliquée aux enfants

la mort expliquée aux enfants

Pourquoi on meurt ? Où on va quand on est mort ? Vas-tu mourir ? Que de questions auxquelles les enfants s’interrogent et attendent des réponses.

Mais expliquer la mort aux enfants peut devenir une véritable épreuve, ainsi beaucoup de parents se retrouvent désemparés.

Pire encore, ils n’emploient pas les bons mots, n’appliquent pas les bonnes méthodes, et l’enfant se retrouve avec la mort et son imagination, deux mots qui ne font pas bon ménage.

Conséquences ?

L’enfant se fait une fausse idée de la mort, pouvant l’amener à s’isoler, voire naître certaines angoisses chez lui.

Et puis, la difficulté ne s’arrête pas là…

Et oui, un enfant de 2 ans n’aura pas la même compréhension qu’un enfant de 7 ans par exemple.

Alors comment faire ? Quoi dire ? Et à quel moment le faire ?

C’est ce que je vous propose de voir dans cet article.

Comment les enfants comprennent-ils la mort à différents âges ?

Comment les enfants comprennent-ils la mort à différents âges ?

La mort expliquée aux enfants doit se faire d’une manière qu’ils peuvent comprendre, en fonction de leur stade de développement et de leurs expériences de vie.

Tous les enfants auront besoin au cours de leur développement des conversations au sujet de la mort. Et celles-ci diffèrent en fonction de l’âge :

Les enfants d’âge préscolaire (2 à 4 ans) pensent que la mort est réversible. Ils peuvent vous demander quand la personne décédée reviendra. Ils commencent à se poser des questions et peuvent demander si la mort arrivera à tout le monde.

Les enfants du premier cycle du primaire (5 à 8 ans) voient toujours la mort comme réversible, mais commencent à se demander si leurs pensées ou leur comportement ont joué un rôle dans la mort.

Les enfants de la fin du primaire (8 à 12 ans) comprennent que la mort est permanente et commencent à explorer comment la mort va les affecter personnellement à long terme. Ils essaient de comprendre les détails de la mort d’une personne.

Les adolescents (13 à 18 ans) savent que la mort est permanente et se débattent avec des questions existentielles sur le sens de la vie et de la mort.

On s’aperçoit clairement que le rapport avec la mort est différent à chaque âge. Même en ayant conscience de cela, on peut vite se retrouver démuni et commettre des erreurs.

Alors quelles sont les choses conseillées et les choses plutôt à éviter ?

Les choses à faire et ne pas faire pour parler de la mort à un enfant 

Les choses à faire et ne pas faire pour parler de la mort à un enfant 

Bien que nous sachions que c’est une partie inévitable de la vie, la plupart d’entre nous ne sommes pas vraiment doués pour expliquer la mort aux enfants.

Trouver des moyens d’exprimer ce qui s’est passé, donner un sens à ce qui s’est passé et enfin accepter ce qui s’est passé sont les bonnes actions à mettre en place.

Comment ?

Voici quelques conseils pour parler de la mort avec votre enfant.

Les choses à faire : 

Dites la vérité sur ce qui s’est passé tout de suite. En effet, le fait de dire la vérité va tout d’abord justifier vos larmes et vos douleurs, puis, être ouvert et émotif peut aider votre enfant à apprendre à pleurer.

Soyez prêt pour diverses réactions émotionnelles. Vous pouvez aborder ce sujet de n’importe quelle façon, votre enfant sera bouleversé, et même en colère contre cette perte. Acceptez les réactions émotionnelles de votre enfant, vous aurez le temps plus tard d’aborder les choses une fois que votre enfant aura eu le temps de traiter le traumatisme.

N’ayez pas peur d’utiliser le mot mort. Beaucoup de personnes trouvent inconfortable d’utiliser le mot mort et préfèrent employer des mots comme décédé, perdu, s’endormir, mais l’utilisation de mots réalistes pour décrire la mort aide le processus de deuil.

Dosez les informations. Évaluez ce que votre enfant peut gérer. Donnez les informations en fonction, par petits morceaux.

N’ayez pas de honte à dire « Je ne sais pas ». Il est souvent difficile d’avoir les idées claires pendant une période de chagrin. Ne cherchez pas à inventer ou à mentir à votre enfant face à une question que vous ne savez pas. Dites-lui simplement que vous ne savez pas.

Pleurez. Pleurez ensemble, cela est sain et guérissant.

Permettez à votre enfant de participer aux rituels. Laissez-le par exemple choisir des photos pour le mémorial, une chanson ou une lecture spirituelle.

Préparez votre enfant à ce qu’il verra le jour de l’enterrement. Expliquez-lui qui sera là, comment les gens vont se sentir et ce qu’ils vont faire. Soyez précis dans vos descriptions. Amenez quelqu’un pour s’occuper de lui si vous vous sentez désemparé.

Préparez-vous à parler souvent de cet événement. Il est fort probable que votre enfant vous parle de la mort pendant les jours qui vont suivre, voire des semaines ou des mois. Soyez disponible, car le deuil est un processus.

Prenez soin de vous. Et oui, en tant que parents, nous oublions de prendre soin de nous pendant cette période. Les enfants reflètent ce qu’ils voient, alors ne vous négligez pas en ce moment critique.

Les choses à ne pas faire :

Ne cachez pas votre chagrin à votre enfant. En vous voyant pleurer après la mort d’un proche, votre enfant saura qu’il est normal de se sentir triste après une perte importante.

Ne pas partager de souvenirs du proche disparu. Les parents pensent souvent que parler de la personne décédée causera de la douleur. Revivre des souvenirs ou partager des histoires aide à la guérison et au deuil.

Ne soyez pas mal à l’aise avec votre enfant. Souvent, un regard complice ou un câlin peut être d’un grand réconfort. Ne vous en privez pas.

Ne changez pas de sujet lorsque votre enfant vous rejoint. Cela ne fait que rendre le sujet de la mort tabou. Adaptez plutôt vos mots et l’information lorsque votre enfant est présent.

Ne changez pas vos habitudes. Votre enfant a besoin de cohérence. Essayez de garder votre routine quotidienne à la maison et au travail. Essayez également que votre enfant continue de participer à ses activités à l’école ou en extérieur.

N’ayez pas peur de rire. En effet, la mort n’interdit pas le rire. C’est même un excellent outil de guérison. Riez !

Ne fixez pas de limite de temps au deuil de votre enfant ou au vôtre. Chacun fait son deuil à sa manière. Si vous avez besoin d’un soutien supplémentaire, contactez l’école, votre médecin ou autre professionnel formé au processus de deuil.

Vous l’aurez compris, la mort n’est pas un sujet tabou, elle fait partie du cycle de la vie. Votre enfant doit comprendre cette étape afin de grandir dans la connaissance et non l’ignorance.

Le fait que cette étape soit claire dans sa tête à son plus jeune âge peut lui éviter de sérieuses crises d’angoisse de mort une fois plus grand.

Nous venons de voir les choses à faire et ne pas faire et pourtant, je le sais, vous ne vous sentez pas encore complètement rassuré.

Vous avez raison !

Les enfants regorgent de surprises, ce sont les champions des questions inattendues.

Soyez rassuré, je vous ai préparé une liste de questions les plus posées par les enfants.

La mort expliquée aux enfants devient soudain plus facile.

Questions fréquentes sur la mort posées par les enfants

Questions fréquentes sur la mort posées par les enfants

Lors de la perte d’un animal de compagnie ou d’un proche, votre enfant va se questionner sur la vie et la mort. Et vous les poser par la même occasion.

Voici ces questions qui avouons-le tout de même, peuvent être assez rigolotes.

Est-ce que mon chien Cacahuète va se réveiller ? 

Cela peut nous paraître bête comme question, pourtant, quand on est tout petit, les événements sont cycliques: ils se lèvent le matin, déjeunent, jouent, font la sieste, se lavent, dînent et se couchent le soir.

Et le lendemain, ça recommence. Suivant cette logique, si leur animal est mort, il se réveillera le lendemain matin. Ne les laissez pas dans cette fausse croyance.

Il est important de leur expliquer que leur animal ou proche est mort et qu’il ne reviendra pas. Leur dire d’un mort qui dort risque de provoquer une forte anxiété au moment du coucher.

L’enfant a tellement peur de ne plus se réveiller s’il s’endort.

♦ Mamie est vieille, tu crois qu’elle va bientôt mourir ?

Beaucoup de parents expliquent à leur enfant que l’on meurt lorsque l’on a fini sa vie, quand on est très vieux. Les enfants pensent alors que la mort n’est réservé qu’aux personnes âgées et qu’elle ne peut pas les toucher.

Les enfants construisent donc le cycle de la vie par la naissance, l’enfance, puis l’âge adulte, la vieillesse et enfin la mort. C’est un moyen pour l’enfant de se dire que la mort ne le concerne pas.

C’est une sorte de protection envers lui et ses parents dont il est très attaché.

Pourquoi doit-on mourir ? C’est injuste !

Ça sert à quoi de vivre ? Pourquoi on meurt ? Je suis d’accord avec vous, ces questions, on se les pose à tout âge. Les plus petits essaient de se représenter ce qu’est la mort, et on leur apprend que tout a son utilité.

À quoi sert une chaise ? À s’asseoir. Et ce crayon ? À écrire.

Il se demandent alors à quoi ça sert de mourir. Il est impératif de leur expliquer que tous les êtres vivants vont disparaître et que la mort est indissociable de la vie.

Moi aussi je vais mourir ?

Les parents se retrouvent souvent déstabilisés quand il s’agit de parler de la mort. Cela ravive des expériences passées douloureuses et se demandent pourquoi leur enfant pense à ça. On se pose alors un tas de questions comme «Est-ce qu’il va mal ?» «Se sent-il triste ?»

Tout est normal. Il n’y a rien d’alarmant.

Vous ne pouvez pas protéger votre enfant en lui cachant les difficultés de la vie. Aidez-le plutôt à les affronter, à y faire face.

Ça fait mal de mourir ? J’ai peur ! 

Toute personne a déjà eu des craintes à l’idée de mourir demain. Moi le premier ! Et le fait de ne pas en parler n’évitera pas à votre enfant d’y penser. En général, l’enfant y pense quand il se sent fragilisé.

Ne soyez pas inquiet si cela est passager. En revanche, s’il ne pense plus qu’à ça, c’est certainement que votre enfant traverse une crise. Mieux vaut l’emmener consulter un professionnel qui le rassurera et l’aidera à lutter contre ces crises d’angoisse.

Si l’on prend l’avion, on peut aller voir mamie qui est au ciel ?

Le fait de dire à votre enfant que sa mamie est au ciel rend sa mort irréelle, il ne peut pas intégrer que sa mort est irréversible. Dans le même genre, ne dites pas non plus qu’elle est partie pour un très long voyage,.

Pour que l’enfant puisse faire son deuil, il doit comprendre que le défunt ne reviendra jamais. S’ils pensent qu’elle est partie en voyage, il ne comprendra pas pourquoi vous êtes si triste et se culpabilisera en pensant que c’est de sa faute si vous pleurez.

Les asticots vont-ils me manger sous la terre ?

À cette question, pas besoin de rentrer dans des détails morbides qui ne feraient qu’alimenter l’imagination débordante de votre enfant.

Simplement lui expliquer que quand on est mort, il n’y a plus de vie, plus de cœur qui bat, plus de douleur, plus de cerveau qui commande, bref, on ne bouge plus. On est dans un cercueil, protégé de l’extérieur.

Où va t-on après la mort ? Au paradis ?

Cette question est spéciale et très personnelle. L’important est d’y répondre avec les croyances de la famille. Chaque religion apporte une version différente, personne n’a tort, tout le monde a raison.

Pour les non-croyants, il est important également d’être cohérent. Vous pouvez par exemple lui dire vos convictions comme « il ne se passe plus rien, on continue à vivre dans la mémoire des gens »

Si l’enfant souhaite en savoir plus, dites-lui que certaines personnes croient à un paradis, d’autres personnes croient en la réincarnation, etc. L’enfant se fera alors sa propre image et ses propres représentations.

Si j’ai fini par cette question, ce n’est pas un hasard. J’aimerai vous parler avant que l’on se quitte, de la mort d’un point de vue spirituel.

C’est quelque chose qui m’a énormément rassuré et qui rassure au jour d’aujourd’hui mes enfants.

La mort expliquée aux enfants d’un point de vue spirituel

La mort expliquée aux enfants d'un point de vue spirituel

Si vous avez lu mes précédents articles, vous connaissez maintenant mon histoire, mon évolution, mes convictions.

Attention, l’intention ici n’est ni de convaincre, ni de parler de religion. Chacun ses propres croyances et c’est très bien comme cela.

L’idée est plutôt d’aborder la mort avec des choses qui rassurent, des choses que je crois personnellement puisque j’ai eu mes propres preuves.

Et oui, on dit toujours que l’on ne croit que ce que l’on voit.

Alors comment rassurer votre enfant spirituellement ?

♦ Tout d’abord, expliquez-lui que lorsque nous mourons, nous perdons seulement notre corps, notre âme elle, continue de vivre en se détachant de celui-ci.

♦ Nous passons dans un autre monde et retrouvons de l’autre côté ceux que l’on a aimé.

♦ Nous pouvons aussi continuer à veiller sur nos proches restés sur Terre.

Pas besoin de détailler toutes les possibilités qui s’offrent à nous après la mort, simplement aller à l’essentiel.

Voici une vidéo très intéressante que je vous recommande sur la mort expliquée aux enfants par le Dr Charbonier.

Finalement…

La mort expliquée aux enfants est une chose à la fois facile et complexe. Écoutez votre intuition, prenez le temps de choisir les bons mots qui raisonneront chez votre enfant.

Chaque enfant est différent, avec des besoins différents, ne minimisez pas cette étape. C’est votre rôle en tant que parents de rassurer votre enfant afin de lui offrir une sérénité pour plus tard.

Il n’existe pas une bonne méthode, mais des centaines.

Trouvez celle qui apaisera votre enfant, qui vous apaisera pour le restant de votre vie.


Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le partager et à le commenter

Une question ? Un renseignement ? Contactez-moi à contact@peurdelamort.com

Découvrez des conseils et astuces en rejoignant ma communauté Facebook

Pour calmer vos angoisses, profitez en ce moment d’une réduction sur plus de 60 fiches pratiques

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *